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Le Sénat de la République démocratique du Congo (RDC) est la chambre haute du Parlement bicaméral, dirigé par Jean-Michel Sama Lukonde. Il représente les provinces, vote les lois et contrôle l'action du gouvernement.
La RDC et ses défis qui nous interpellent:
La problématique de développement en RDC peut être comparée à la construction d'une maison. L'absence de vision globale équivaut à commencer la construction sans avoir de plan clair en tête. L'incohérence des objectifs sectoriels est comme si chaque ouvrier travaillait indépendamment, sans se coordonner avec les autres. La faiblesse de stratégies représente l'utilisation de matériaux de mauvaise qualité ou de techniques inefficaces. Les difficultés de mise en œuvre et d'évaluation peuvent être comparées aux retards et aux problèmes rencontrés pendant la construction. La mauvaise gouvernance et la corruption sont comme si certains ouvriers volaient des matériaux ou négligeaient leur travail, coulant les financements et endommageant la finalisation du chantier. Enfin, la sécurité des biens et des personnes peut être comparée à vivre dans une maison mal construite et peu sûre. Il y a vraiment du pain sur la planche. Gloire au travail pour bâtir la Nation. Agissons!
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Faustin LUANGA MUKELA
- Sénateur -
Rôle politique en RDC
Faustin Luanga a la particularité rare d'avoir collaboré avec quatre des cinq présidents de l'histoire moderne de la RDC :
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Sous Mobutu Sese Seko : Jeune agent au sein des services de sécurité.
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Sous Laurent-Désiré Kabila : Conseiller économique.
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Sous Joseph Kabila : Conseiller principal et directeur de cabinet chargé de l'économie et du développement, avec rang de ministre d'État.
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Sous Félix Tshisekedi : Ambassadeur itinérant. En 2021, il a également été le candidat officiel de la RDC pour le poste de Secrétaire exécutif de la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe).

Articles - 2026 B
RDC — LA DIGNITÉ BLESSÉ : MÉMOIRE, TRAUMA ET RÉSILIENCE
Sénateur Prof Faustin Luanga
La dignité est le premier territoire d’une nation. Lorsqu’elle est affirmée, un peuple se construit. Lorsqu’elle est blessée, il vacille. Le Congo est un pays dont la dignité a été profondément atteinte — par l’histoire, par la violence, par l’humiliation, par la répétition des injustices. Mais cette blessure n’a pas détruit notre peuple. Elle l’a façonné. Elle a forgé une résilience rare, une force intérieure qui traverse les générations.
Notre histoire porte encore les traces d’une violence fondatrice. La colonisation n’a pas été une simple domination politique ; elle fut une entreprise de déshumanisation. Le corps congolais a été marqué, le territoire a été violé, la communauté a été fracturée. Et cette mémoire n’a jamais été pleinement reconnue. Nous n’avons pas eu de réparation symbolique, pas de travail de vérité, pas de reconnaissance officielle des crimes. Nous avons avancé, mais sans guérir.
L’indépendance aurait pu être une renaissance. Elle fut, pour une large part, une répétition des violences antérieures. L’assassinat de Lumumba, les sécessions, les coups d’État, les guerres, les pillages ont prolongé la logique de domination. La violence est devenue une continuité, parfois même une habitude. Elle s’est installée dans nos institutions, dans nos pratiques, dans nos imaginaires.
Aujourd’hui encore, la dignité blessée se manifeste dans le quotidien :
Dans l’humiliation de devoir payer pour un service public qui devrait être gratuit ;
dans l’injustice de voir les criminels protégés et les innocents abandonnés ;
dans la souffrance de vivre dans l’insécurité ;
dans la frustration de voir nos richesses profiter à quelques-uns ;
dans la fatigue morale de devoir se battre pour chaque droit élémentaire.
Et pourtant, malgré tout cela, le peuple congolais continue de vivre, de créer, de rêver. Notre résilience est une force. Elle se voit dans notre musique, dans notre humour, dans notre créativité, dans notre solidarité. Elle est une ressource stratégique pour la refondation du pays. Mais elle peut aussi devenir un piège si elle nous habitue à accepter l’inacceptable.
C’est pourquoi nous devons transformer notre blessure en force. Cela exige un travail de mémoire : reconnaître les crimes, documenter les violences, honorer les victimes, enseigner l’histoire. La mémoire n’est pas un fardeau ; elle est un fondement. Une nation qui ne regarde pas son passé en face ne peut pas construire un avenir solide.
Retrouver la dignité, c’est refonder le pays sur une éthique. Une éthique de vérité, de justice, de responsabilité. Une éthique qui refuse la corruption, l’impunité, le mensonge. Une éthique qui valorise le travail, la solidarité, la créativité. La dignité retrouvée doit devenir un projet politique, une boussole nationale..
La dignité blessée n’est pas une fatalité. Elle est un point de départ. Elle nous rappelle ce que nous avons perdu, mais aussi ce que nous pouvons retrouver. Elle nous oblige à la lucidité, mais elle nous ouvre à l’espérance. Le Congo pourra se refonder le jour où nous transformerons notre blessure en force, notre mémoire en sagesse, notre résilience en puissance.
Sénateur Prof Faustin Luanga
(Extrait de mon livre (à paraître) : “Penser librement, Exister pleinement - Appel à la conscience congolaise “). @Droits d’auteur protégés.
La République Démocratique du Congo (RDC) est un pays né dans le paradoxe. Un pays trop vaste pour être réduit à un simple État, trop riche pour être qualifié de pauvre, trop blessé pour être pleinement souverain, trop résilient pour disparaître. Depuis plus d’un siècle, notre histoire oscille entre grandeur potentielle et destin contrarié. Nous sommes une nation riche de tout, sauf de nous-mêmes.
Notre naissance moderne n’a pas été un acte de volonté collective, mais un acte de violence géopolitique. Le Congo a été créé sans les Congolais, contre les Congolais, au bénéfice d’intérêts extérieurs. Cette origine a laissé une empreinte durable : un État conçu pour extraire, non pour servir ; une administration faite pour contrôler, non pour protéger ; une économie tournée vers l’exportation brute, non vers la transformation locale.
L’indépendance de 1960 fut un moment d’espérance, mais aussi un moment de fragilité extrême. Les divisions internes, les ingérences extérieures, les ambitions personnelles ont rapidement transformé la promesse en chaos. Notre souveraineté est restée incomplète, non seulement parce que nos ressources ont continué d’être capturées, mais aussi parce que nos élites n’ont pas toujours su — ou voulu — construire un État au service du bien commun.
Aujourd’hui encore, le Congo demeure une puissance empêchée.
Empêchée par l’insécurité.
Empêchée par la faiblesse de l’État.
Empêchée par la corruption systémique.
Empêchée par la dépendance économique.
Empêchée par la fragmentation sociale.
Et pourtant, les fondamentaux du pays sont ceux d’une grande puissance africaine : un territoire stratégique, des ressources essentielles à la transition énergétique mondiale, un potentiel hydroélectrique unique, une biodiversité exceptionnelle, une jeunesse créative et avide de changement.
La promesse congolaise n’est pas seulement matérielle. Elle est morale, culturelle, spirituelle. Elle réside dans notre capacité à transformer la souffrance en résilience, la diversité en richesse, la créativité en puissance. Elle réside dans notre génie collectif, dans notre humour, dans notre musique, dans notre capacité à survivre là où d’autres se seraient effondrés.
Pourquoi cette promesse reste-t-elle inachevée ?
Parce que nous n’avons jamais construit un récit national unificateur.
Parce que notre État est resté faible, souvent prédateur.
Parce que notre crise morale a érodé la confiance collective.
Tenir enfin la promesse congolaise, c’est accepter de rompre avec les illusions, les excuses et les renoncements. C’est comprendre que la refondation ne viendra pas de l’extérieur, mais de nous-mêmes. C’est reconnaître que la souveraineté économique n’a de sens que si elle repose sur une souveraineté morale. C’est reconstruire un pays où l’on peut vivre sans peur, travailler sans humiliation, espérer sans naïveté.
Le Congo est une promesse inachevée, mais une promesse encore vivante. Une promesse qui nous oblige. Une promesse qui nous appelle. Une promesse que nous devons accomplir ensemble.
Sénateur Prof Faustin Luanga
(Extrait de mon Livre (à paraître) : “Penser librement, Exister pleinement - Appel à la conscience congolaise “). @Droits d’auteur protégés.


